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On le craignait,  et pourtant !

Dans nos articles récents relatifs à l'éradication de l'amiante, nous avons évoqué les conséquences, concernant le choix de l'enfouissement des déchets d'amiante faisant suite au démantèlement des navires de la marine nationale dans le port autonome de Bordeaux. Plusieurs élus locaux ont soutenu notre démarche. Elle constituait à diriger les 20 tonnes de déchets pollueurs vers le centre de vitrification de Morcenx proche d'une centaines de kilomètres. Le quotidien Sud Ouest a largement relayé l'information

 A l'arrivée nous apprenons

- que le GPMB (grand port autonome de bordeaux) s'appuie sur les dispositions de traitement et d'élimination des déchets qui sont encadrés par un arrêté préfectoral qui autorise l'exploitation d'une installation classée pour la protection de l'environnement (CPE), et par la réglementation en général. Dans ces référentiels, les filières de vitrification ne sont pas imposées

- que Veolia confirme "que l'amiante, n'irait pas à Morcenx mais dans deux centres d'enfouissement de classe 1, situés dans le Gard et en Vendée.

C'est un peu comme si l'on nous disait "cause toujours tu m'intéresses ..." vous pouvez toujours vous agitez nous avons la loi avec nous" Nous ne sommes pas obtus au point de contester cet argument qui met pourtant en lumière pourquoi l'amiante est toujours autant présent sur notre territoire.Il nous serait agréable en regard de ce qui va suivre, que certaines réalités soient entendues et surtout écoutées

L'InVS dans son BEH (bulletin épidémiologique hebdomadaire) annonce:

- entre 2200 et 5400 le nombre total de nouveaux cas de cancers liés à l'amiante pour 4 sites (poumon-mésothéliome-larynx et ovaires en 2012. Les cancers de l'amiante tueraient entre 1700 et 3800 personnes par an.

- contrairement aux prévisions antérieures, le nombre de mésothéliomes continue de progresser. Selon le programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM), l'augmentation serait particulièrement forte chez les femmes.

L'INVS, n'exclut plus désormais que l'épidémie continue à se développer, pendant une ou deux décennies dans notre pays.

Rappel: pour être reconnues en maladie professionnelles une pathologie doit être inscrite dans un tableau de la sécurité sociale correspondant à la maladie diagnostiquée (TA 30 et TA 30 bis pour l'amiante). Pour obtenir la reconnaissance par son régime de couverture sociale, la victime doit justifier de son exposition (durant son activité).

Malgré certaines évidences, l'exposition est parfois compliquée à démontrer. Que dire des maladies "hors tableau", comme c'est le cas pour le cancers du larynx et le cancer  des ovaires. Ils sont reconnus imputables à l'amiante mais ne figurent dans aucun tableau.

L'étude l'InVS précise qu'en 2012:

  • le cancer du larynx est passé de 129 à 731 cas par an
  • le cancer des ovaires de 45 à 55 cas par an
  • combien de cas profesionnels ou non professionnel sont ignorés ? 

Cette étude méride d'être plus approfondie, elle fera l'objet d'un prochain article. Toutefois les quelques chiffres évoqués (qui ne sont qu'un extrait) sont effrayants. Dans nos associations nous accueillons toujours autant de victimes avec un fort pourcentage de pathologies lourdes telles que celles que nous évoquons dans cet article.

On comprendra peut être mieux pourquoi nous luttons sans relâche

- sur la prévention pour s'opposer à toutes formes d'exposition: professionnelles- passives ou environnementales

- pour l'élimination définitive de l'amiante.

Mais aussi pourquoi nous sommes révoltés face aux choix politiques qui sont fait, comme c'est le cas dans la première partie de cet article 

 

Tag(s) : #actualité, #les maladies

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