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Le chantier de désamiantage fait tousser les riverains

article du quotidien Le Parisien du 21 juillet 2015

A ciel ouvert, les travaux de rénovation de la chaussée inquiètent les habitants de l'avenue Raymond-Poincaré. De leur côté, l'entreprise de terrassement et la Ville se veulent rassurantes.

Des bâches de plastique blanc semées de panonceaux « danger amiante », un barriérage de 2 m de haut tout le long du chantier, des ouvriers portant masque et combinaison étanche... mais des travaux à ciel ouvert et un espace vide de la taille d'un avant-bras au ras du sol. « Vous croyez que c'est assez hermétique, tout ça ? », s'inquiète Radia, gardienne d'immeuble, en s'emparant de la boîte de masques chirurgicaux jetables qu'elle vient de s'acheter

Car pour les habitants et les commerçants d'une bonne moitié de l'avenue Raymond-Poincaré (XVIe), qui ont assisté la semaine dernière à cet « empaquetage » partiel dans le cadre d'un chantier estival de rénovation de chaussée, le bruit des engins et la neutralisation des places de stationnement ne sont rien à côté de l'amiante, inévitablement soulevé dans l'air par les opérations de « décroûtage » du bitume. Des poussières qu'ils respirent quotidiennement. « Ce devrait être totalement confiné », estime Michèle Toubiana, dont l'appartement donne sur le chantier, et dont le mari, médecin, tient un cabinet en rez-de-chaussée. « On voit les ouvriers protégés. Forcément, cela donne une idée du risque. Mais, à nous, on ne donne ni conseils ni informations ! Mon mari gare sa moto dehors, il l'a retrouvée couverte d'une couche de poussière blanche. Qu'est-ce que c'est ? » A un porche de là, Radia ne décolère pas, « Je dois laver ma seule fenêtre au jet tous les jours, c'est comme du sable blanc. Et je ne peux même plus aérer le soir malgré la chaleur. Cette poussière est toxique ! »
Face à ce défaut d'informations, peut-être doublé d'un défaut de protections, Michèle Toubiana a décidé d'en appeler à la mairie. Deux premiers mails sont restés sans retour. Hier, elle a adressé une lettre recommandée pour « savoir ce qu'il en est ». « Le confinement devrait être total, des analyses de l'air devraient être quotidiennes et nous devrions pouvoir être informés des résultats », estime-t-elle.
Informés ? Mais de quoi, puisque « tout est sous contrôle permanent d'un laboratoire certifié », s'étonne le directeur d'exploitation de VTMTP, l'entreprise de terrassement chargée du chantier. « Le peu d'amiante détecté et extrait de l'enrobé est plaqué au sol par un système de brumisateur. Le processus est précis, insiste-t-il. De toute façon, s'il y avait la moindre faille, ce serait la suspension du chantier. »
Même sérénité à la mairie de Paris, où l'on admet tout de même « peut-être un manque d'informations récentes » des riverains. « Une lettre d'information a été distribuée dans 600 boîtes aux lettres, avec le contact d'un référent pour les questions des usagers », précise la direction de la voirie et des déplacements. « Des mesures d'empoussièrement sont effectuées très régulièrement. Or, toutes ces mesures sont nulles au regard du seuil de santé publique. »

 

 

 

Tag(s) : #présence de l'amiante

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