Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

"Jeanne d'Arc"

"Jeanne d'Arc"

Amiante en Gironde : de nombreux chantiers surveillés article Sud Ouest Publié le 15/07/2016 . par BRUNO BÉZIAT.

Comme pour la « Jeanne d’Arc », les services de l’État pistent les dangers lors de grands travaux. Le découpage de la « Jeanne d'Arc » et du « Colbert » en est l'un des exemples les plus emblématiques.

Celui de ces grands chantiers de désamiantage, ou de travaux qui s'effectuent sur des bâtiments et matériaux amiantés. Ils se déroulent selon des règles très strictes, sur lesquelles la Direccte (direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation du travail et de l'emploi) veille. Les services de l'État ont fait de la question de l'amiante « un dossier prioritaire de l'inspection du travail », assure le directeur régional adjoint de la Direccte, Philippe le Fur. Et pour cause, on trouve de l'amiante à peu près partout, y compris dans les bureaux de l'État, comme à la cité administrative de Bordeaux.

L'amiante y est soit retirée, soit encapsulée pour qu'aucune poussière ne s'échappe. Mais ce n'est pas tout. L'amiante étant interdite depuis 1997, la plupart des bâtiments construits avant, contient de l'amiante, sous une forme ou une autre. « C'est le cas pour 80 % des barres HLM en Gironde », indique Béatrice Kissien-Schmit, responsable de l'unité de contrôle régionale « amiante » à la Direccte. On pourrait également faire le même constat sur les bâtiments des universités, et de nombreux bureaux construits dans les années 60 et 70.

Le pont d'Aquitaine C'est aussi le cas en ce moment des grands travaux de rénovation de la gare, ou de la réfection du pont d'Aquitaine qui va durer tout cet été. « C'est un chantier particulièrement complexe pour y protéger les salariés du risque d'amiante », indique Béatrice Kissien-Schmit. Car les règles pour intervenir sur des sites qui contiennent de l'amiante sont très précises, et doivent s'appliquer à des niveaux très bas de présence d'amiante.

En théorie, une seule fibre ingérée peut être une source de cancer.

Les victimes se comptent déjà par milliers. Ainsi dans la région, elles viennent de se fédérer en créant la Coordination des associations de victimes de l'amiante et maladies professionnelles (Cavam) www.amiantemaladieprofessionnelle.com   . Elle représente 3 000 familles adhérentes dont les membres souffrent d'asbestose, de cancers et autres lésions pulmonaires dues aux fibres d'amiante. C'est pourquoi l'intervention dans des zones amiantées réclame des moyens de protection importants que beaucoup d'entreprises rechignent à payer

 

De nombreux chantiers surveillés

. Des combinaisons, des masques, des outils, des procédures très précises et complexes. « Toutes les entreprises de second œuvre sont concernées. Nous faisons un travail d'information, mais il n'est pas toujours facile », admet Béatrice Kissien-Schmit. D'autant que les règles changent régulièrement, et de nouveaux textes sont encore à venir. Dans les faits, les obligations légales sont loin d'être respectées, en particulier sur les chantiers de petite et moyenne taille, alors que les gros comme ceux de la « Jeanne d'Arc » ou du pont d'Aquitaine se déroulent presque toujours dans les clous. Le pôle travail de la Direccte compte 50 personnes en Gironde, mais seulement deux entièrement dédiées à cette question. « Nous découvrons des situations qui ne sont pas normales, mais souvent au hasard d'un contrôle », ajoute la responsable de la Direccte. 300 chantiers ont ainsi été arrêtés en Gironde ces dernières années pour non-respect des règles de protection.

Nos remarques

Le désamiantage des navires de la marine nationale dans le port de Bassens a conduit l'association Allo Amiante à intervenir à plusieurs reprises (voir nos articles sur le sujet). Plus particulièrement pour le traitement des déchets, nous préconisions la vitrification par l'entreprise Inertam, toute proche (Morcenx dans les landes). Malgré l'intervention des élus de la gironde qui partageaient notre position, l'entreprise VEOLIA a opté pour l'enfouissement (80 tonnes pour la Jeanne d'Arc, après quelques surprises, combien pour le Colbert ?).

Les faits remontent à octobre 2014, nous n'avons pas changé de position. Depuis les satatistiques nous donnent malheureusement raison, elles démontrent une augmentation sigificative des pathologies liées à l'inhalation des poussières d'amiante, à la suite d'une exposition environnementale. Que deviendront les tonnes d'amiante enfouies aujourd'hui ? Comme l'excellent article le démontre le désamiantage est lourd et compliqué. Comme le repérage, il impose une vigilance de tous les instants. Le traitement des déchets en bout de chaîne est tout autant important 

Tag(s) : #désamiantage

Partager cet article

Repost 0